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Récit d'une belle et dure deuxième semaine .......

Publié le par Gerard Tramoni

Ultra motivés pour la deuxième semaine, mais .....

 

Le dimanche 8 janvier nous sommes à La Paz pour la journée de repos. Je suis très heureux d’y être arrivé après toutes les péripéties de la première semaine. 

 

Ce n’est pas du tout une journée de repos : c’est une journée simplement ou il n’y a pas de course. Pour le reste, tout le monde travaille à fond. Nos mécaniciens Hervé Philou et Phiphi démontent et remontent les voitures. Nous , pilotes et copilotes, travaillons les rod book pour la journée suivante, nous lavons nos affaires sales, et préparons la suite. 

 

Biensûr la météo ne nous aide pas : il pleut et nous sommes dans la boue pour faire tout cela . Le linge ne sèche pas ..... J’arrive à positiver en me disant que au mojns nos amis boliviens ont enfin de l’eau avec cette pluie tant espérée après une longue période de sécheresse. 

 

Je m’occupe un peu aussi de moi : je vais chez mes amis les docteurs pour discuter un  long moment: il me soigne une écharde d’un orteil qui commençait à s’infecter... Il ne faut jamais laisser trainer ces petits bobos dans des conditions pareilles: en plus cela me gênait pour accélérer à chaque coup de pédales ....

 

Nous voilà donc prêt pour la suite. Le moral est au top : j’imagine que toute les galères mécaniques sont derrière nous et que les places réalisées de 36 eme et 28 eme vont nous permettre de vivre un rallye super sympa. 

 

Je suis aussi extrêmement heureux d’avoir pu vous répondre via Kolibri. Vous envoyer le message de la première semaine et vous répondre individuellement m’a fait chaud au coeur et je vois bien que vous êtes mes plus fidèles supporters.. Merci à vous , à l’association et ses bénévoles : c’est génial ....

 

Lundi 9 janvier : c’est reparti !!!!!! La Paz Uyuni

 

Avec Dominique mon copilote nous partons pour l’étape marathon qui nous sortira de la Bolivie pour nous ramener en Argentine. La voiture marche bien , et elle est chargée à bloc d’essence, et de matériel  pour la nuit suivante. En effet , ce soir , nous serons sans nos assistances et nous devrons nous débrouiller tout seul. Personnellement cela ne nous  gêne pas du tout car c’est ce que nous faisons avec nos galères depuis le début ....

 

Allez départ de spéciale: tout se déroule superbement bien. Nous partons dans notre belle place de 28 eme: on roule ..... Nous sommes incassables ..... Mais pas la voiture : dans une piste en ligne droite, un énorme bruit secoue la voiture , jusqu’à en éjecter certains relais électriques de la voitures (pièces du tableau de bord et brutalement je n’ai plus de direction assistée . Je freine comme je peux et m’arrête: la courroie du moteur a cassée. Plus de courroie donc plus de moteur refroidie , plus de recharge électrique via l ‘alternateur et plus de direction assistée. On répare et cela est de nouveau frustrant car nous voyons tous les concurrents que nous avons doublé , nous repassé devant.....

 

Bref, il reste une semaine de rallye et cette panne est réparée donc EN AVANT !!!!

 

Cette malchance aurait pu être la seule mais quelques kilomètres plus loin , c’est la transmission arrière de la voiture qui cède . Cette pièce sert à donner la motricité aux roures arrières comme aux roues avant . Je me retrouve donc à enlever les morceaux de pièces cassées et nous finissons la course en deux roues motrices, comme dans une voiture classique en ville. Mais là nous sommes sur piste donc un peu compliqué. Au moins , nous n’avons pas eu d’accident car cette pièce qui vient de lâcher aurait pu nous provoquer un sacré vol plané ...... J’avoue que je commence à perdre confiance en cette voiture qui se fragmente petit à petit. Je m’y sens extrêmement bien dedans , je la ménage pour arriver au bout : «qui veut arriver au bout , ménage sa monture». 

 

Nous arrivons à Uyuni , ville bien connue des touristes du fait des on magnifique lac salé. Nous ne le verrons pas car nous arrivons de nuit et pas le temps de faire du tourisme ... 

 

Domi s’attelle à la mécanique et moi à toutes les autres tâches : trouver un endroit pour dormir , faire les obligations de douanes car nous partons de la Bolivie , trouver de l’eau et des rations pour le lendemain ....Tout cela maintenant est bien rodé entre nous . 

 

Le mardi 10 : départ pour l’Argentine et Salta. Je suis motivé plus que jamais car ce soir je rejoins mon frère et deux amis corses qui arrivent pour suivre la fin du rallye : génial

 

Nous partons moins bien classé : environ 68 eme. Pas de problème , tout se déroule bien et remontons dans des passages de sable de nombreux concurrents. Nous arrivons au détour d’une zone de dunettes , sur une alarme de voiture accidentée : il s’agit D’Eric et Alex , l’autre voiture de notre équipe . Ils viennent de faire un tonneau après un mauvais rebond sur une dunette. Ils n’ont rien , la voiture est sur les 4 roues mais il faut les aider pour qu’ils repartent au plus vite. Ce Dakar est pour moi une aventure humaine et pas une course à tout prix . Nous les aidons et repartons avec vraiment le sentiment fier d’une bonne entraide entre nous . 

 

Mais pendant ce temps les camions nous ont doublé et la piste est ravagée. Je dégonfle plus mes pneus pour pouvoir bien avancer mais au détour d’un virage trop serré : je déjante . Le pneu avant gauche sort de la jante . Quelques minutes de changement de roue et nous repartons , on en a vu d’autres.

 

Le vrai problème arrive plus tard: lancés à 120 km/h sur une large piste , je perds brutalement le contrôle de la voiture qui s’enfonce dans la terre et surtout ma roue avant gauche que je vois filer devant devant moi à plus de 500 Mètres .....

 

Malgré notre force pour la refixer , les vibrations ont fait partir les boulons . 

 

La voiture est enterrée de l’avant gauche dans le sable . Nous la ressortons avec un peu de mal et notre camion d’assistance vient d’arriver. Nous changeons cette sacrée roue et repartons .....Bon dernier : encore ......

 

Nous arriverons encore à la nuit tardive pour finir cette spéciale , un peu épuisé mais les jours défilent et l’horizon de terminer ce Dakar est ultra motivante .... 

 

Ensuite nous sommes le mercredi 11 janvier . 

 

Nous nous élançons pour la spéciale Salta Chilecito .  Je connais bien ces pistes et je me dis que maintenant nous roulerons tranquillement pour arriver au bout . 

 

Nous terminons un premier secteur sans problème puis prenons la route  pour enchainer sur un deuxième secteur de course ou ne passe que les motos et autos. 

 

J’ai pu croiser à une sattion service mon frère et mes amis donc le moral est au top , reboosté comme jamais. Les camions empruntent un autre tracé car le notre passe par des petits chemins . Cela veut dire que nous n’avons pas de sécurité derrière nous . 

 

Nous voilà bon dernier à une heure tardive mais les heures ne comptent pas . Nous voulons avancer. Nous nous engageons dans un canyon bien encaissé et saluons même au passage des amis médecins qui surveillent la course . 

 

Nous voilà dans ce canyon ou l’eau coule à flot et le rio qui reçoit toute l’eau qui tombe des montagnes est assez puissant. Il ne faut pas trainer .... Manque de chance nous cassons les essuies glaces et donc je n’y vois plus rien . Et là catastrophe : au moment de remonter sur la terre ferme , une pièce de la direction casse sur un choc . La voiture est inconduisible comme le premier jour . J’arrive à stopper la voiture sur la terre ferme et nous sommes contraints d’attendre de nombreuses heures notre assistance avec les pièces. Mes amis médecins viennent nous tenir une longue compagnie , la nuit tombe et nous allons dormir sur place . Nous choisissons de dormir 20 m en hauteur sur les parois du rio car il est interdit de dormir en bas . Beaucoup sont morts emportés par les eaux si l’eau de la montagne arrive brusquement.

 

Phiphi arrive grâce à des locaux à 6 heures du matin pour changer nos pièces . Et surtout avec un ebonne nouvelle : l’étape du lendemain est annulée du fait des intempéries qui ont fait s’effondrer une route . Nous avons un jour de plus pour arriver au bout de cette spéciale . Nous sommes des survivants !!!!

 

Je loupe forcement mon frère car nous ne rentrons pas au bivouac mais je sais qu’ils vont bien et s’amusent bien à découvrir la vie du Dakar. 

 

Jeudi 12 , nous roulons sans problème pour nous élancer le vendredi 13; 

 

Vendredi 13 : San Juan Rio Cuarto . Une spéciale pour nous 110 km de sable puis 350 de liaison puis 200 km de spéciale type rallye . 

 

Je ne crois pas du tout au malédiction et pour moi un vendredi 13 est un jour comme un autre . Je me demande maintenant si je ne vais pas revoir mon avis. 

 

Nous partons dans les derniers : pas de problème nous avons l’habitude. 

 

Nous roulons super bien et c’est Domi qui a pris le volant car je tenais avec tout ce qu’il a fait à le remercier. comme il est passionné d’automobile et très on au volant je me suis dit que ces 110 km de sable lui feraient plaisir. En core une fois ce Dakar est une aventure humaine crée comme cela il y des dizaines d’années et c’est cela qui me fait plaisir à vivre. 

 

Domi roule super bien mais notre malédiction est de retour: la courroie moteur casse vers le km 10 . Moteur en chauffe , plus de direction : on repart. Cela va vite car nous savons ou sont les outils à la perfection. Mais comme d’habitude les camions nous passent devant !!!!! catastrophe. après leur passage , la voiture s’esnable dans n’importe quelle zone de sable . Nous parvenons au km 40 , mais la seconde courroie casse à son tour . 

 

Nous sommes encore et encore contraints de patienter pour notre camion d’assistance. 

 

Après tous nos efforts de mécanique nous sommes contraints de faire 80 km tracté par notre camion : L’ENFER !!!!!!!!!!!!!!

 

Nous sortons a Minuit de cette galère : le sable et la poussière nous ont irrité les yeux, nous avons mangé et inspire du sable ; je tousse , je crache ..... Nous sommes épuisés  et nous endormons sur notre capot de voiture car il fait vraiment trop chaud dans la voiture . 

 

Malheureusement Phiphi cette fois ci ne pourra pas nous sauver . Il arrivera à 4h 37 du matin et nous sommes à 6h30 du départ de la dernière spéciale . Il nous est donc impossible de finir et nous sommes contraints d’abandonner. 

 

Domi et moi avons tout donné et dans les moments le plus durs , j’ai toujours positivé toujours en vous imaginant vivre intensément nos galères . 

 

Je suis allé au bout de mon engagement , volant toujours être en phase avec les messages que je veux vous faire passer : NE JAMAIS RIEN LACHER. 

 

Ce message est une philosophie , il ne peut pas réparer des pièces automobiles. 

 

Je n’ai pas de regret mais j’aurai été très fier d’amener la voiture sur le podium . 

 

Je n’ai pas d’autre choix que d’envisager l’avenir avec un autre engagement sur une autre édition . Rencontrer des enfants au Paraguay dans leur service hospitalier , faire rayonner l’association à travers le monde fièrement affichée sur la voiture aux côtés de mes sponsors et de mes racines corses , tout cela a été formidable . 

 

A moi de ocnstruire la future édition , avec plus de moyens, une voiture mieux préparée puis une équipe d’assistance pour nous aider car des galères , nous en auront encore; 

 

Je vais rentrer tranquillement et nous construirons l’avenir ensemble . 

 

J’espère que tout cela vous a fait vibrer et que vous serez mes futurs fans par la suite. 

 

Hasta Luego 

 

Doc Dakar

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Incola Miguel Angel 20/06/2017 14:53

Felicitation Gerard, Tu sais qui ici en Argentine tu as une ami que toujourd est pre pour te aider.