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Une semaine de Dakar éprouvante mais FABULEUSE

Publié le par Gerard Tramoni

Bonjour à tous petits et grands, enfants hospitalisés et soignants de l’association L’enfant@l’hopital. 

 

Je n’ai pas eu le temps cette semaine de vous écrire et vous comprendrez pourquoi dans les récits qui vont suivre. 

 

Le résumé de cette semaine est qu’elle a été tellement dure que sans vous, sans notre projet commun de reportages que j’écris et vous lisez, sans ma famille mes amis et mes sponsors qui nous suivent, je ne sais pas si je serai ici à La Paz en Bolivie. C’est la capitale la plus haute située au monde et je vous assure que pour y arriver avec le Dakar , c’était costaud. 

 

Résumé: 

 

Etape 1 : 2 janvier. Asuncion (Paraguay) Resistenzia (Argentine). 

Tout se présente bien. Je m’entends à merveille avec Domi mon copilote. Nous allons au départ et j’ai beaucoup de pression. C’est une pression positive : l’envie de bien faire. Je sais qu’un accident est très vite arrivé surtout avec l’excitation du départ alors je gère . 

C’est l’anniversaire de mon fils Titouan , qui a 12 Ans , alors pour lui j’ai aussi envie de tout réussir. 

 

Nous démarrons place 59 après les motos et les 58 premières autos. Dès 10 minutes de course , je double un concurrent , preuve que nous roulons bien malgré des pistes défoncées. Arrivés au kilomètre 22, une énorme flaque suivi d’une zone de boue. L’analyse est vite faite , il faut passer la flaque énorme puis contourner la boue . Manque de chance à droite , il y a du public et à gauche , trois photographes se sont trop rapprochés et donc je ne peux pas y aller , donc GAZ à fond pour passer la boue . Mais non : impossible , je ne fais que les deux tiers et me plante ..........

 

Pas d’inquiétude , nous sortons notre sangle et en 10 minutes un des concurrents suivants nous tracte et nous sort de là. Mais en fait les problèmes commencent là : dès ma ré accélération pour repartir , la voiture est inconduisible , nous partons à gauche dans les herbes puis revenons sur la piste et manquons de taper un poteau, pour enfin nous poser sur un endroit plat. 

 

Diagnostic rapide : une pièce de la roue avant gauche à fendue et la barre de direction qui s’y accroche et qui dirige les roues quand on tourne le volant, n’y est plus attacher . 

 

Nous sommes obligés de rester là , dans l’attente de notre camion d’assistance qui part avec les camions, après toutes les voitures . Attente de 4 heures .....

 

Bien d’autres voitures puis camions se plantent dans la boue comme nous et donc ils arrivent tard . Pendant ce temps avec Domi nous avons préparé pour qu’ils puissent ressouder la pièce et que l’on reparte .....

 

Mais là génial : nos amis paraguayens qui étaient dans le public se proposent de faire la réparation avec nous. Deux hommes , parlant espagnol. Nous nous présentons car je ne veux pas que n’importe qui travaille sur la voiture. L’un est médecin gynécologue et l’autre médecin d’urgence : c’est incroyable .....

 

Au bout d’un moment toute la course est passée, mais peu importe, nous repartirons . 

 

Le camion balai , c’est à dire le dernier camion qui passe, qui est la sécurité du rallye pour récupérer les abandons, nous fait signer une décharge. Cela veut dire qu’à cet instant, je me débrouille par mes propres moyens pour revenir au bivouac. La règle est simple , il faut que je sois au bivouac une heure avant le départ de la première voiture du lendemain.Sinon : fin du rallye. 

 

Qu’à cela ne tienne: nous finissons notre soudure, qui nous permet de faire la spéciale ; il ne reste qu 17 km . Notre camion avec nous , nous roulons pendant 300 km sur la route pour rejoindre le bivouac. Là nous attend nos trois mécaniciens, qui redémontent tout et changent tout pour repartir le lendemain : BON DERNIER. Peu importe le rallye va être long , très long.....

 

 

Etape 2 : 3 janvier : Resistenzia - Tucuman. 

 

Bien décidés à enfin profiter de la piste , nous roulons extrêmement bien pendant 70 premiers kilomètres. Les pistes sont roulantes entre des arbres et la voiture est top. Je dépasse une quinzaine de concurrents. C’est vraiment génial et motivant de remonter ....

 

Mais problème, la température du moteur monte trop, nous risquons de le casser. Nous arrêtons pour faire refroidir , trouvons des maisons avec des puits pour rincer le radiateur. Il est plein de boue et avec la chaleur , cela à fait comme de la poterie. Il est est tout coller et ne fait plus son travail de refroidissement du moteur ...... La galère continue ......

 

Ceci est de ma faute car avec l’envie de rouler , je suis passé dans les flaques trop vite. 

 

Nous trouvons une maison avec des fermiers très gentils qui nous permettent d’attendre de nouveau notre camion d’assistance. Les pauvres : eux avaient finis la spéciale car ils prenaient un autre chemin réservé aux camions. Obligés de revenir , ils arriveront vers 2 h du matin . 

 

Pendant ce temps, nos nouveaux amis argentins nous accueillent. Ils veulent nous offrir l’hospitalité d’ une chambre. Je suis obligé de refuser car je dois être à l’extérieur avec notre téléphone satellite pour guider notre camion.  Pas de problème pour le chef de famille . Ils nous sortent les lits dehors , à la belle étoile et nous nous endormons sous le ciel étoilé merveilleux de l’hémisphère sud. 

 

Le camion balai nous réveille. Il nous fait signer ma deuxième décharge, mais peu importe, on avancera . A l’inverse beaucoup de concurrents ont abandonné, car le camion est plein de moto et quad... Les pauvres. 

 

Pour nous , le camion avec mes mécanos arrive donc à 2 h du matin. Ils décident de changer le radiateur en pensant que malgré notre nettoyage à fond, la panne vient de là. Et là banco : tout remarche !!!!!!!! Nous remballons nos affaires en faisant une jolie rencontre dans le sable d’une grosse mygale ..... Là aussi on l’a échappé de peu . 

 

Bref nous voilà repartis pour toute la spéciale de nuit. Ils nous restent 200 km. Pas de problème , nous roulons super bien. Je fais une petite sortie de route après être rentré un peu trop vite dans une ornière de camion ..... Attention vite c’est bien mais trop vite, c’est dangereux ....

 

Nous voilà arrivés au bivouac à 6 h du matin avec une heure de départ pour l’étape suivante fixée à 8h25....Je dors 30minutes, Domi , ne dors pas et les mécanos rechangent tout se que nous avions fait sur la piste. Tout est réparé nous repartons , pour l’étape 3 ....

 

 

Etape 3 : Tucuman (Argentine) - Jujuy (Bolivie).

 

Au départ , j’ai deux idées en tête : la chance va quand même bien tournée .... mais aussi «jamais deux sans trois»....

 

Nous partons à fond dans des pistes sablonneuses, beaucoup de concurrents s’ensablent, mais nous en lisant un peu le terrain , nous sortons sans difficultés de ce bazar. 

 

Arrivés à une dunettes, un concurrent ne me voit pas et en reculant car il n’arrivaiit pas à monter , il me rentre dedans. Porte avant gauche, un peu cassée... Nous repartons et au kilomètre 40 , la voiture stoppe. Plus d’embrayage : impossible de repartir!!!!!! Jamais deux sans trois : on l’avait pensé....

 

Et nous voilà encore à voir tous les concurrents que nous avions doublé, repasser devant nous. Il est environ 12h et nous n’avons roulé que 1h10. Notre camion est très loin ....Donc nous attendons, attendons et attendons....

 

Lorsqu’il arrive, le diagnostic est simple, il faut changer l’embrayage. Mais cela ne se fait pas dans le sable .... mais nous sommes dans le désert . 

 

Notre camion nous tracte pendant 7 km jusqu’à une piste, ou il y a un hangar d’un exploitant de vin. Il faut savoir que l’Argentine dans cette région produit de très bons vins . Pas le temps de déguster. Nous nous retrouvons dans le hangar en construction à l’abri de la pluie qui commence à tomber. Il faut faire de la mécanique lourde pour changer un embrayage.... Domi est un orfèvre, et moi son homme à tout faire . «donne moi cette clef , nettoie un peu , j’ai faim , j’ai soif ......» On se complète bien et le but est de repartir . 

 

A un instant j’avoue ne plus y avoir cru. Et j’ai même appelé ma femme pour lui dire que nous allions abandonner. Mon frère me rappelle ensuite pour me motiver. A eux deux, et avec l’envie de ne jamais rien lâcher , nous finissons la réparation. Domi remonte tout et nous volons repartir .....

 

Mais nouveau problème : la pluie a fait déborder les rios et nous sommes bloqués. La police que nous appelons , nous interdit de prendre la piste . Nous sommes donc accompagnés par un argentin mandaté par la police pour nous aider à franchir le seul rio par trop dangereux. Objectif prendre la route et rentrer au bivouac. 

 

La de nouveau la gestion de crise . Nous arrivons à 6 h pour une heure de départ ensuite à 8h28. 

 

Les mécanos redemontent. Ils sont trois et arrivent à tout changer ..... La chance arrive: lors du passage en Bolivie , il fait reculer nos montres d’une heure car nous changeons de fuseau horaire donc nous avons une heure de plus de mécanique et moi une heure de sommeil......... En route pour l’étape 4 : on ne lâche rien ......JAMAIS

 

Etape 4 : Jujuy - Tupiza. 

 

Je connais une partie de la piste car je l’ai déjà surveillé depuis deux ans comme docteur . 

Attention cette fois ci , une partie de la piste passe par de nouvelles dunes . Elles sont annoncées comme très difficiles, et il y a même un itinéraire pour les éviter sauf que si nous le prenons , nous avons 12 h de pénalités. Nous n’avons pas fait tout cela avec Domi  pour se dégonfler .....

 

Malgré la fatique nous nous engageons : tout va bien, beaucoup de concurrents se plantent dans le sable mou ....Pas nous. Au bout d’un moment ce la devient plus dur . Nous décidons de dégonfler les pneus: cela permet d’écraser les pneus et d’avoir plus de portance dans le sable.

 

Je suis fatigué et comme Domi m’a dit adoré le sable je lui laisse le volant et fait la navigation. 

 

Cette stratégie va gagner. Je navigue bien et nous trouvons tous les points de passage obligatoire et nous ne nous plantons pas dans le sable . Génial. 

 

Nous terminons l’étape à Tupiza pour découvrir un classement de dingue : 36eme..... Et en plus nous nous sommes arrêtés pour manger 15 minutes ........GENIAL. Je suis fier de ma philosophie de ne jamais rien lâcher et du proverbe « ce qui ne tue pas , rend plus fort». Nous sommes pas fort mais tout simplement INDESTRUCTIBLE . Mon copain Christophe dirait «on est des machines ....»

 

Bref , nous rentrons au bivouac bien mérité pour une douce nuit. Courte mais indispensable depuis 3 nuits blanches. 

 

Je dédie cette spéciale à mes mécanos qui nous ont amené jusque là. Certains sur les réseaux sociaux on pensé que la voiture était pourrie. NON : faux débat. Les casses mécaniques arrivent et il faut savoir les surmonter. La voiture me va très bien et la preuve , quand tout fonctionne on fait un chrono génial. En route pour l’étape 5 . 

 

Etape 5 : Tupiza Oruro .

 

Nous voilà haut en altitude, vers 4500m. Je ne le sens même pas et Domi à un peu le mal de tête. J’ai ce qu’il faut. Nous décidons de rouler comme la veille et de ne pas s’arrêter pour manger cette fois ci . 

 

Et encore une fois cela paye . La voiture marche à merveille, et malgré quelques erreurs de direction sur un plateau , perdu dans la poussière de concurrents que je rattrape, nous terminons 29 eme . Vraiment cela est génial . 

 

Comme il pleut énormément , la deuxième partie de course est annulée et nous rentrons au bivouac . 

 

Et là , heureux d’y arriver tôt, nous découvrons l’enfer .... Le bivouac est un champ de boue , inaccessible : trop de pluie... Nous dormons dans la voiture . L’étape suivante du 7 janvier est même annulée. 

 

Nous rejoignons donc le 7 janvier La Paz par la route : 216 km : un apéritif ...

 

Arrivés à La Paz, je découvre pour la première fois de ce côté des concurrents la fête dans les pays ou le Dakar passe. Des millions de Boliviens, sur le bord de la route nous acclament. Ils font flotter fièrement le drapeau de leur pays : c’est fabuleux. Nous signons des centaines d’autographes et prenons des centaines de selfy. 

 

Je ne cesse de présenter aux médias, l’association et je suis fier de parler de ce lien qui me lie à vous, pour vous faire de beaux reportages et vous faire rêver. 

 

Je me sens responsable d’arriver au bout de la deuxième semaine qui arrive car je sens que vos esprits me poussent. Vos autocollants sont fièrement affichés sur la voiture et ils arriveront à Buenos Aeres. 

 

Je me sens aussi redevable pour vous tous qui nous suivez, famille, amis , sponsors et amis . Je suis à La Paz, c’est génial , merci à vous . Le classement des deux dernières étapes prouve bien que nous ne sommes pas des figurants malgré un petit budget d’amateur. La force est ailleurs , il n’y à pas que le budget et je vais tâcher de vous le prouver par la suite. 

 

Encore merci infiniment !!!!!! 

 

Suerte comme disent les argentins (Bonne route....)

 

 

PS: le classement général n’est pas bon car trop de pénalités accumulées n’ayant pas fini la spéciale 3, mais on s’en fiche, on est là et beaucoup ont déjà arrété.....

 

 

 

Commenter cet article

Durieux 11/01/2017 11:27

Allez Ge! courage et laches rien! on est tous avec toi! plein de bisous! Tonio

Les Lits Ados 10/01/2017 16:13

Bonjour Gérard,
Au nom de tous les jeunes des Lits Ados qui te suivent on espère que tu n'auras plus de problèmes techniques et que tu vas être bien classé. Tu le mérites avec Domi. Vous êtes sur la bonne voie malgré un début difficile. Il ne faut rien lâcher. Le moral compte énormément, surtout dans une telle compétition. Que la chance vous sourit !
Brandon, Steven des Lits Ados et Laurence l'enseignante

Yassin, Yanis et Soraya de l'Accueil Jeunes hôpital Ballanger 10/01/2017 11:52

Merci à toi doc Dakar ! Merci d'emmener le plus loin possible nos noms sur les autocollants !! On te suit dans la classe grâce à l'ordinateur tous les jours et à la télévision. On espère que ta voiture va tenir le plus longtemps possible. On est impressionnés par ta persévérance...de continuer malgré la chaleur, les conditions, les problèmes mécaniques...Continue ta course !! Ne laisse pas tomber !! T'es le meilleur ! On est certains que tu peux aller encore plus loin ! Finis ta course et ne laisse rien tomber ! Yassin, Yanis et Soraya

Bastien et les CE1 10/01/2017 09:08

Suerte comme disent les argentins ! Bravo vous êtes très courageux ! Essayez de ne pas re-casser la voiture ! Ne vous découragez jamais : ne lâchez rien !
C'est chouette quand les gens vous accueillent et vous aident ! Merci pour votre récit !
On pense à tous les enfants de l'hôpital, vous aussi vous êtes courageux !
Bonne route ! Gros bisous de la part de Bastien et ses copains !

Benoit Flory 09/01/2017 12:03

Incroyable récit Gérard !
Très fier et très heureux pour vous que vous ayez passé cette 1ere semaine avec tant d'embuche et cela rend la chose encore plus belle !
Lâche rien ;)
Courage
Suerte
Ben

miguel incola 09/01/2017 11:15

Gerard cet article est merveilleuse, bonne chance!!!!!

Richard 08/01/2017 21:27

Vous accomplissez toi et ton équipe quelque chose d'exceptionnel. On vibre et on vit ce Dakar avec vous. Pleins de courage à vous. Soyez prudents et amusez vous. Bises.

Mina 08/01/2017 20:59

de toute façon pour nous, c'est simple, quand tu ne peux pas rouler on est desesperé pour toi et quand tu roules on angoisse. Mais bravo à tous les deux, vous êtes une belle équipe...et continuez comme ça....bisous.

Durieux Pasc Et les Dudus 08/01/2017 20:54

Bravo Gér ..ne lache rien Ton exemple Et Ton récit sont supers pour nous tous ..

FAURE Jocelyne et Guy 08/01/2017 19:52

Courage Gérard, tu vas arriver à Buenos Air. Nous sommes de tout coeur avec toi, nous pensons très fort à toi.

titiould 08/01/2017 19:34

eh bien mon Gege ,c est du bien lourd ce dakar ,mais oui vous etes encore en lice et ce n est plus le cas pour pas mal d équipages!!!!
je sais que tu vas pas lacher l affaire !!
de tout cœur derriere vous !

thierry un ex Tango